La pensée est la matière que je travaille au corps pour affleurer la vie parce qu'elle est la surface que
l'on arpente pour s'y frayer un chemin...
La pensée est la matière que je travaille au corps pour affleurer la vie parce qu'elle est la surface que
l'on arpente pour s'y frayer un chemin...

Transplantation
Descendre d'un singe descendu d'un arbre
en haut duquel il n'y a désormais plus rien à espérer voir apparaître sinon ce que
la pensée projette...

60 X 36 X 20 cm. Argile, grillage, papier mâché, bois. 2006.
Ni œuvre ni héritière d’un quelconque démiurge,
simple accident de parcours sur ce qu’elle nomme
« évolution »
pour faire encore bonne figure,
bien que cette aventure soit « sans but, sans fin et sans finalité, erratique et folle ».
Garantie sans origine,
la pensée découvre avec stupeur son orphelinisme tardif auquel elle s’acharne, cependant, à chercher provenance et sens.
Pour quelle raison questionne-t-elle à tue-tête ce qui fait défaut à la vie ?
Peut-être est-ce précisément parce que la pensée est incapable de se quitter, inapte à ne plus penser…
Mais supposé, en effet, son impossibilité constitutive à appréhender autrement la vie qu’en la pensant, ne la claustre-t-elle pas, fatalement, dans sa propre représentation ?
Or, si la pensée ne sait faire que
penser,
s’interroge-t-elle, pour autant sur ce fait ?
Sous Métaphysique
Désenflée de son Autre, quelle est-elle désormais ?
Quelle image d'elle-même, la pensée pourrait-elle à nouveau projeter sur la toile de fond du monde ? Persiste-t-elle du reste à s'y mirer maintenant que plus rien ne lui ressemble ?
Sans modèle ni référent, "idiote" donc, par nature,
la pensée serait-elle en proie à sa première relâche représentationnelle ?
45 X 33 X 25 cm. Argile, grillage, papier mâché.2006.
La sélection naturelle pour nouveau cadre conceptuel,
la pensée se définirait-elle dans un sens purement biologique,
comme le rapport adaptatif qui lie l’espèce et l’individu à leur milieu ?
Interface entre l’expérience sensible et les liaisons que le cerveau combine,
la pensée serait-elle ce singulier produit de sons face-à-face avec la vie ?
Et si entre le corps et le dehors, il y a la pensée qui pense leur rapport,
l’intellection de cette relation n’est-elle pas la nécessité à laquelle se conformer en s’inventant dans cet intervalle particulier ?
Dès lors, qu’est-ce que penser sinon la disposition à mettre en scène sa correspondance avec la vie ou sa distance avec celle-ci ?
EXCROISSANCE
La pensée doit-elle à sa réalité
la perte du sens des distances
la séparant du réel ?
Le sens serait-il, d'ailleurs,
sa déformation fondamentale,
l'unique point de repère
à l'endroit de l'excroissance cérébrale,
quand dérive la sensation ?
31 X 25 X 27 cm.
Quelle est la cause de l’inclinaison ou de la propension de la pensée à la
signification du monde ?
Est-elle une mutation de sa nécessité en désir,
la variation de sa différence en correspondance,
l’anamorphose de son hasard en coïncidence ?
Derrière la volonté de signifier le sens ou le non-sens de la vie,
se cacherait-elle celle d’apparaître comme son équivalent,
en faisant tout bonnement penser celle-ci ?
Chimère
Serait-ce cela la "bêtise humaine",
son anthropomorphisme à tout va qui lui colle à la peau
comme un défaut d'origine?
24 X 18 X 26 cm. Terre cuite. 2006.
Le désir naît-il du manque, d’une déficience de coïncidence,
une sorte de défaut de conformité avec l’existence
d’où le sens pallierait à la dissemblance ?
Car, ce qui manque à la pensée pour suffire à la vie,
ne serait-ce pas une image qui la réfléchirait ?
Phantasme-Rhizome
Anthropomorphiser la vie
ou déshumaniser la pensée — inventer asile à l'endroit de leur exil.

50 X 42 X 33 cm. Argile, grillage, papier mâché, bois,
coque végétale, ajout fœtus en celluloïd.2005.